Pour la troisième année consécutive, J'étais avec mes équipes à la "Marche des Fiertés". Je dois dire que je préférais le nom de Gay Pride, qui est davantage connoté à Gauche et tapettocentriste. Mais enfin, je suppose qu'il fallait ça pour ne pas froisser le préfet sarkonazi.
La Gay Pride, c'est la fête, ce sont les t-shirts roses, ce sont les sportifs en slip de bain dansant le french cancan, ce sont les pantalons blancs avec un string dessous, ce sont les panses velues et tombantes à l'air, c'est la musique, ce sont les body-builders, c'est l'Amour. Mais c'est aussi et surtout l'affirmation de la Gauche dans toute son authenticité.
Une vingtaine de chars se sont succédé sur le pavé parisien et la grande majorité étaient des artisans du Progrès. Nous avons d'abord vu le char de la CGT. Les ennemis du Progrès la considèrent souvent comme rétrograde, mais samedi, la CGT leur a montré qu'elle était moderne et bien dans son temps. Bernard Thibaut en a d'ailleurs profité pour présenter son fiancé, lors d'un coming-out, qui a ému les 800 000 personnes (selon les organisateurs, 600 000 selon les milices sarkonazies).

C'est le monsieur à sa gauche, son chéri.
Les autres syndicats étaient là également et cette unité née dans la lutte contre l'infâme CPE (anti-jeunes) faisait plaisir à voir. Il y avait même la LMDE, qui, malgré les injustices lancées contre elles par la Justice aux ordres de la Droite Réactionnaire, était là et bien là.
Act-up était bien évidemment présent, avec ses militants en colère. J'en ai profité pour demander ma carte mais ils m'ont dit que ma sérologie n'était pas conforme : je n'ai pas très bien compris, pour être honnête.
Il y avait aussi les grandes écoles : vous le savez, je ne les aime guère. C'est de leur giron que sortent les futurs Patrons Ultralibéraux Crasses, Inhumains, Licencieurs Massifs. Mais ceux-là, non. Quand on opte pour une sexualité de Progrès, on ne peut pas être de Droite, c'est impossible, tout simplement.
Ce qui était merveilleux, c'est que la Gauche était là, en tête de cortège avec Bertrand, Jack, Dodo. Parce que la Gauche est de tous les combats. La Gauche, elle veut toujours le Bien. Et quand Jack Lang nous a fait chanter : "Nous sommes tous homosexuels !", je n'étais pas le dernier, croyez-moi. Ah la la, des journées comme ça, on ne les oublie pas.
Baisez chic, baisez safe ! (c'est moi avec les lunettes noires, juste en-dessous du premier "baisez")

Jean François Minaudant